Les femmes jouaient un rôle clé dans la perpétuation de ces fêtes. C’était elles qui décoraient les reposoirs, préparaient les rubans, inventaient des jeux pour les plus jeunes et transmettaient les histoires. Durant la veillée de la Sainte-Catherine, par exemple, c’était l’occasion de raconter la saga familiale autour d’un chaudron fumant de soupe, tandis que les plus âgés narraient, dans la pénombre, les histoires d’ancêtres ayant fait « danser l’eau » grâce à leur savoir oublié.
Les enfants, eux, vivaient ces fêtes comme un monde à part. Ils participaient aux jeux de piste dans les champs limitrophes, organisaient des courses de bateaux miniatures en bois sur le lac, et recevaient des petits gâteaux ornés de fruits sauvages lors des processions. La force de ces coutumes venait de la transmission intergénérationnelle, rendue vivante par ce rapport à la nature (cueillette, fabrication d’offrandes, observation des oiseaux migrateurs).