Louis Dupont, l’homme qui a bâti la réputation du fromage de Pont-l’Évêque
Nul ne saurait évoquer le développement économique du territoire sans accorder une place à Louis Dupont (1877-1960), éleveur et fromager installé à Saint-Philbert-des-Champs. Il hérita d’une petite ferme familiale, mais c’est à force d’innovations qu’il a transformé l’exploitation en l’une des premières fromageries artisanales à porter le nom de Pont-l’Évêque en AOC. Son pari, amorcé dans les années 1910, consistait à fédérer des producteurs autour d’une même exigence qualitative et à structurer davantage la distribution.
- En 1931, il fut à l’origine avec quelques autres familles du premier syndicat de producteurs qui garantissait l’appellation du fromage Pont-l’Évêque (source : INA).
- La maison Dupont a ensuite participé à l’obtention de l’Appellation d’Origine Contrôlée en 1972, pierre angulaire de l’excellence normande dans l’agroalimentaire régional.
- Acteur clé de la transmission : plusieurs descendants se sont engagés dans des structures coopératives promouvant les savoir-faire laitiers.
Le fromage, produit dès le Moyen Âge dans les abbayes environnantes, est ainsi devenu un moteur économique, générateur de filières et d’emplois stables dans le secteur, comme le rappellent les données INSEE (2021) : près de 650 emplois directs sont liés à cette filière sur le canton.
Claude Dolléans : l’eau, l’énergie et le bois
Au début du XXe siècle, les besoins énergétiques s’intensifient sur l’axe Lisieux-Deauville. Claude Dolléans, meunier de la Touques, imagine alors d’industrialiser le moulin familial, profitant du débit constant pour installer turbines et génératrices. À la clé :
- Production d’électricité locale dès 1912, alimentant atelier de menuiserie, scieries, puis plus tard des mini-réseaux de fermes alentour.
- Création de la première scierie mécanisée de la vallée, fournissant matériaux à la reconstruction de Pont-l’Évêque après les destructions de 1944 (cf. Archives municipales).
Visionnaire, Claude Dolléans fut l’un des premiers à entrevoir la complémentarité entre industrie du bois et développement durable, initiant des replantations de hêtraie pour compenser l’usage des forêts domaniales alentour.