La Dame Blanche de Pont l’Évêque : une apparition entre brume et silence
Une légende tenace circule dans la région : celle de la Dame Blanche, silhouette diaphane aperçue à l’aube ou dans la lumière bleuissante du crépuscule. Selon la tradition orale recueillie par quelques anciens du village, il s’agirait de l’esprit de Marguerite, jeune lavandière noyée au XIXe siècle, lors d’une montée subite des eaux de la Touques.
Son apparition est perçue comme un présage : protection pour les amoureux, mise en garde pour les imprudents.
- Zone des derniers lavandières : La légende localise l’apparition sur la berge sud-ouest, « près du grand saule penché », à l’emplacement des anciens lavoirs (source : témoignage recueilli auprès de Mme Lemarchand, 89 ans, habitante).
- Sociabilité autour du récit : Ce conte se raconte lors des veillées d’automne, accompagné de cidre chaud, perpétuant un vrai moment d’échange intergénérationnel.
La cloche engloutie : mythe fondateur ou mémoire engloutie ?
Comme nombre de lacs de Normandie (Lac des Saints-Pères, Lac du Mesnil), celui de Pont l’Évêque s’est vu attribuer la légende du « village englouti ». Les soirs de tempête, certains pêcheurs affirment entendre la cloche d’une ancienne chapelle, enfouie sous les flots artificiels…
En réalité, aucune église ne fut engloutie lors de la mise en eau, pourtant ce récit rencontre un réel succès. Il cristallise la crainte ancestrale face au pouvoir de l’eau et la nostalgie des terres disparues (source : Bulletin de la Société Historique de Lisieux, 1983).
- Sous les flots, la mémoire : Lors des grandes sécheresses, on distingue parfois les vestiges de murets anciens sur les bords du lac, reliques des anciennes propriétés agricoles avant l’inondation volontaire du site.
Les bêtes mystérieuses de la vallée
La Normandie regorge de « bêtes » et de créatures mythiques. Le lac n’y échappe pas. Un récit, transmis dans les fermes du plateau du Lieuvin, parle d’un chien noir à l’apparence surnaturelle, gardien des passages humides. Appelé localement « Le Massacre », ce chien spectral annoncerait les crues dévastatrices ou la perte d’un batelier imprudent. Certains y voient une parenté avec le fameux « Black Dog » du folklore britannique (source : Normandie, terres de légendes, éditions OREP).