Le motif de l’eau cachée par la main puissante d’êtres surnaturels revient dans de nombreuses traditions normandes. Ainsi, comme pour l’étang du Val à Blangy-le-Château ou la fontaine des Douées à Cambremer, une variante locale raconte que l’emplacement du lac était autrefois le domaine secret de fées bienveillantes.
- Ces créatures apparaissaient au crépuscule, dansant sur une prairie brumeuse où s’étend aujourd’hui le plan d’eau.
- On leur attribuait la fertilité des terres alentour et, surtout, la protection contre les sécheresses.
La légende veut que, lors d’un été particulièrement aride, les villageois vinrent supplier les fées d’apporter la pluie. Telles des déesses de l’eau, elles ouvrirent les sources souterraines. Mais un homme trop avide voulut surprendre leur danse sacrée : les fées disparurent, laissant le sol s’effondrer, et un grand lac jaillit à leur place.
Ce récit, collecté en partie par le folkloriste Amélie Bosquet (« La Normandie romanesque et merveilleuse », 1845), reprend des motifs classiques du patrimoine oral normand, où la convoitise humaine attire le malheur ou le bouleversement du paysage.