Une création récente… qui s’enracine dans l’imaginaire ancien
Le Lac de Pont l’Évêque, contrairement à de nombreux lacs français n’est pas d’origine naturelle, mais humaine : il fut créé en 1972 par la mise en eau de la vallée du pré du Moulin Neuf, dans le but de réguler les crues de la Touques (SAGE Touques). Pourtant, les habitants de la région parlent souvent du site comme d’un “lac ancestral”, preuve que, même récent, il s’est fondu dans la mémoire locale.
Avant sa création, le site était essentiellement composé de prairies humides, parsemées de petits étangs. Les récits populaires évoquent alors la “mare du Diable”, un gouffre naturel qui, selon la légende, n’avait pas de fond. Il n’existe aucune trace écrite ancienne de cette légende, mais elle a prospéré oralement chez les anciens, témoignant de ces peurs paysannes liées à l’eau profonde et mystérieuse, bien avant la transformation du site.
Légende de la Vierge et de l’anguille argentée
Une autre histoire, moins connue, rapporte l’apparition d’une Vierge lumineuse près des anciens marais de Canapville lors d’une grande inondation à la fin du XIXe siècle. La sauveuse aurait, selon ce récit, permis aux habitants de retrouver, au lever du jour, une “anguille argentée” géante qui les guida jusqu’à la terre ferme. Ce conte, aux antipodes du registre “diabolique” de la mare du Diable, illustre la richesse symbolique qui entoure les eaux stagnantes de la vallée, oscillant entre crainte et espoir.